"J’ai été heureuse de rencontrer votre service"

Nelly (Lasne)

21avril

Le temps en soins à domicile

Résumé d'un extrait de Ethica Clinica 04-84

Cas Clinique

Une patiente de 78 ans souffrait d'ulcères malléolaires nécessitant une contention particulière. Elle vivait seule à domicile, dans un village, de façon assez autonome. Elle était suivie en dermatologie à l'hôpital universitaire de la ville voisine. Le protocole prévoyait que ses pansements soient changés 1 jour / 2, ce qui imposait un passage alternativement le samedi et le dimanche. La planification était compliquée : de par la contention spécifique à la localisation des ulcères, et du fait de l'alternance des jours de visite. Il eut été agréable de ne pas prodiguer de soins pendant le we, tant pour la patiente qui aimait fréquenter le culte paroissial et à s'absenter chez sa fille, que pour l'équipe afin de ne pas multiplier le nombre d'intervenants, chaque délégation requérant une démonstration. Mais ce délai était trop long au vu de l'état des plaies. Fallait-il dès lors astreindre la patiente à des soins qu'elle ne recevrait que de mauvaise grâce ou trouver un accommodement raisonnable et favorable à l'évolution des plaies ? Lui imposer une solution programmée de l'extérieur ou intégrer la patiente à l'assouplissement du protocole où chaque partenaire trouverait son compte ?

Quelques termes pertinents (que j'invite chaque lecteur à développer)

Chronos : le temps mesurable
Schôlè : le moment de ne "rien faire" (les loisirs)
Diatribè : le cheminement de la vie à travers ses métamorphoses
Kairos : le moment favorable
Aïôn : l'éternité, l'absence de temps.
LA question

Comment sortir de l'emprise du Chronos et repérer le Kairos dans la situation présentée (et dans d'autres aussi, évidemment !) ?

Quelle solution ?

Tout d'abord, la question suivante a été posée à la patiente : "comment pourrions-nous nous organiser ensemble pour qu'à la fois vous receviez les meilleurs soins selon votre état et que vous puissiez disposer librement de votre temps les samedis et dimanches ?"

La conversation a rapidement abouti à la réponse suivante : les soins lui seraient prodigués dans un premier temps prodigués le lundi matin et le mardi en fin d'après-midi, le jeudi matin et le vendredi vers 16 heures avec "en prime" un bain auquel Mme R. avait renoncé suite aux pressions de sa fille qui craignait que sa mère ne parvienne à l'extraire de la baignoire. Puis, dans un second temps, lorsque la cicatrisation aurait progressé : le lundi matin toujours, puis seulement le mercredi au milieu de la journée et le vendredi après-midi après le bain. Tous les partenaires y trouvaient leur compte : la garde de fin de semaine était allégée et la planification plus aisée vu la régularité des interventions. Mme maintenait son autonomie, les soins étaient bien acceptés et nos visites, moins intrusives, bienvenues.

Certes, le protocole n'a pas été suivi "à la lettre". Mais ces quelques heures ajoutées ou retirées aux 48 prévues étaient, de l'avis même du médecin dermatologue, sans aucune incidence négative sur la qualité du traitement du moment que l'évolution des plaies confirmait la fréquence instaurée.

Conclusion

La satisfaction "existentielle" de la patiente encouragea toute l'équipe et ne tarda pas à favoriser - on s'en doute! - la fermeture des ulcères. Grâce au soin d'hygiène hebdomadaire, assisté introduit lors des transactions, nous pouvons prévenir une rechute, la réouverture des plaies, et contribuons ainsi au maintien de l'autonomie de la personne à son domicile son plus cher désir.

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